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  • Match de foot au Parc
    28 mai 1975

Le temps passe. Les hommes aussi, d’autres les remplacent pérennisant les curiosités administratives.

Un jour de match au Parc des Princes, j’assurais sous l’autorité d’un jeune commissaire
stagiaire, avec la 61e Compagnie d’intervention (61 Ci), une réserve à l’extérieur du terrain de sport. on savait tous que la tournée de service risquait d’être agitée.
Les “hooligans” britanniques étaient arrivés de la veille et avaient déjà saccagé le supermarché de la porte d’Auteuil, la presse en avait fait de larges échos. ils avaient été admis dans le virage de Boulogne, après avoir été fouillés à l’’entrée et privés de tous objets pouvant servir de projectiles, notamment des cannettes de bière.

Bref, on ne pouvait être pris au dépourvu.

Mon jeune chef semblait très inquiet et nerveux, aussi, prévoyant un désaccord probable en cas d’intervention, j’avais informé mon effectif de se tenir prêt, à savoir : sortir des cars casqués, munis des boucliers, des matraques, pas de grenades et surtout les consignes d’interventions groupées. D’ailleurs les infos de la radio d’Etat-Major concernant la situation à l’intérieur du Parc ne nous laissaient plus aucun doute sur notre départ imminent.

Ma compagnie n’attendait plus que le feu vert, lorsque j’entends mon jeune chef, s’adressant directement à mes hommes, donner l’ordre de retirer les casques.
Une fois de plus, un différend allait éclater lorsque l’ordre inévitable abrégea la discussion.
La troupe partit telle qu’elle était équipée.



Arrete BS

Bien nous en prit. Notre entrée fut saluée par une pluie d’objets pendant que mon patron s’évertuait à ajuster son casque tant bien que mal. Heureusement pour lui, ce fut moi qui reçus un demi strapontin métallique sur la tête. Arrêté net dans ma course, je restai un instant étourdi, soutenu par mon chef, tout penaud, qui se confondait en amabilités tardives. Pourquoi cette attitude ?

Notre direction craignait tant les critiques de la presse aux lendemains des manifestations que les ordres allaient jusqu’à interdire toute exhibition d’armement de maintien de l’ordre, avec, toutefois, l’obligation d’en être porteur, ou au moins muni. A tel point que les pantalons de nos uniformes étaient équipés d’une poche “secrète” pour cacher la matraque en caoutchouc (la gomme à effacer le sourire, dans le jargon pro). et on pouvait voir, à cette époque de police pas encore tout à fait nationalisée, le gardien de la paix de la PP patrouillant dans Paris au côté de son collègue des CRS, l’un arborant ostensiblement sa gomme accrochée à son ceinturon, l’autre la planquant dans sa poche spéciale !

En conclusion de ce petit incident, j’ai tout de même reçu quelques temps plus tard, une lettre d’excuse de l’ambassadeur de Grande-Bretagne. Le “fair-play” britannique
certainement.

Note BS
Felicitations
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